30 mars 2007
ROYAL vue d'ailleurs : "Toujours les vieilles recettes"

TOUJOURS LES VIEILLES RECETTES
Source : Courrier International
Pour le quotidien conservateur The Daily Telegraph, l’élection de Ségolène Royal repousserait un peu plus les réformes dont le pays a besoin.
Si Dieu existe – et je suis ouvert à tous les points de vue sur la question –, je crois pouvoir affirmer qu’il a donné à la France sa culture politique afin de compenser un peu les avantages que ce pays offre par ailleurs. D’un côté, vous avez la Côte d’Azur, les cathédrales de Reims et de Chartres, le dom pérignon, le haut-brion, le foie gras d’oie, Proust, Ravel et Brigitte Bardot. De l’autre, vous avez la classe politique française, une bureaucratie sclérosée dont les tentacules s’étendent jusqu’au dernier échelon de la vie locale, et une économie restée figée dans l’ultracorporatisme des années 1960.
En tout cas, il est clair que, si les Français élisent en mai Ségolène Royal à la présidence, rien ne changera – quoi qu’en disent la candidate socialiste et ses partisans.
L’un d’entre eux [Gilles Savary, porte-parole de la candidate] est convaincu non seulement qu’elle va l’emporter, mais qu’elle va redonner à la France la place qui lui revient en Europe et sur la scène internationale. A tel point qu’il s’est cru autorisé à déclarer à notre correspondant à Paris que, une fois Madame la présidente* installée à l’Elysée, la Grande-Bretagne devra choisir entre l’Europe et l’Amérique. Ah, vraiment ? Et peut-on savoir comment on va nous obliger à faire ce choix ? La marine française va peut-être faire le blocus de Douvres, de Portsmouth et de Felixstowe jusqu’à ce que nous divorcions de l’Oncle Sam ou que nous acceptions une immersion totale dans les institutions de l’Union européenne – Constitution, monnaie unique et tout le toutim…
Mettons ce genre de conneries* sur le compte de l’exubérance d’un fonctionnaire emporté par son élan et rappelons quelles seront les réalités en cas de victoire socialiste.
La France est dans un tel état que Mme Royal n’aura guère le temps de s’occuper de politique étrangère – pas plus elle qu’un autre nouveau président, d’ailleurs. Mais va-t-elle l’emporter ? Peut-être. Mme Royal, en dépit d’une absence presque totale de programme, a en effet soigneusement travaillé son image et ses relations publiques. Cela ne l’empêchera peut-être pas de devenir la présidente d’un pays désorienté, de plus en plus en colère, qui sait qu’il n’obtient pas les résultats dont il est capable et qui aspire au changement.
Malheureusement, Mme Royal n’a rien de nouveau à proposer. Elle a à diverses reprises promis un service national pour les jeunes délinquants, elle veut rallonger les journées de travail des enseignants, définir une nouvelle politique nucléaire envers l’Iran, ainsi que diverses autres absurdités qui ne peuvent que donner la chair de poule à son parti et plus généralement à l’électorat.
Reste que, si elle est élue, Mme Royal appliquera les vieilles recettes socialistes. On connaît la chanson : impôts massifs, secteur public pléthorique, dirigisme, absence totale de réformes économiques dignes de ce nom, avec pour corollaires chômage, croissance molle et agitation sociale sporadique. Plus ça change, plus c’est pareil*, comme disent les Français. M. Le Pen [ou M. Bayrou] sont les impondérables de cette élection. Peut-on exclure que l’un d’entre eux soit présent au second tour ? Non, car les deux principaux candidats ont le pouvoir de s’autodétruire.
M. Sarkozy est le moins vulnérable, étant donné sa maîtrise des médias, sa plus grande expérience et sa combativité. Vraisemblablement, il devrait mettre Mme Royal en pièces au fil de la campagne, démontrant la vacuité du projet politique de son adversaire, son inexpérience et la pauvreté de ses idées. S’il y parvient, la cote de Mme Royal pourrait s’effondrer aussi vite qu’elle a grimpé.
* En français dans le texte.

Simon HEFFER
The Daily Telegraph
Source : Courrier International
Jeunes Populaires 15 - Mathieu Pellerin
15:25 Publié dans Ségolène ROYAL...vue d'ailleurs ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Jeunes Populaires, UMP, Politique, PS, Royal, Sarkozy, Paris
27 mars 2007
ROYAL vue d'ailleurs : "Visite guidée à Ségoland"

Visite guidée à Ségoland
Source : Courrier International
Députée des Deux-Sèvres depuis 1988, la candidate socialiste s’est construit un solide fief électoral à coups de petites aides et de subventions. Le reportage acide d’un journaliste britannique !
Si vous voulez vérifier une fois de plus à quel point la France est agaçante, allez donc visiter Melle, le fief politique de Ségolène Royal. A priori, ce petit bourg de 4 5000 habitants situé entre Poitiers et La Rochelle devrait végéter. Le chômage y atteint 12 %, un chiffre qui n’a pas varié depuis des années. Une seule usine domine l’économie locale et elle n’offre que 350 emplois. Aucune grande entreprise privée n’a pu être attirée dans les environs au cours des vingt dernières années. Mais elle n’en est pas moins en excellent état, grâce à un flot de deniers publics qui permet à la bourgade d’héberger ses services administratifs dans des hôtels particuliers.
On y trouve un marché couvert, une église du XIe siècle et un kiosque à musique en fer forgé tout droit sorti d’un livre d’images pour enfants. De nombreux panneaux municipaux pointent vers d’autres bâtiments publics : une médiathèque, un ou deux musées, un complexe sportif, un institut médico-éducatif [établissement scolaire pour enfants handicapés], et j’en passe. Plus bas, dans la rue, on trouve une Maison de l’autisme pour adultes, construite au cours de l’un des trois brefs passages de Mme Royal au gouvernement [notamment en tant que ministre déléguée à la Famille de Lionel Jospin]. Le centre névralgique de toutes ces dépenses est une ravissante maison de ferme à volets bleus, couverte de glycine, à deux pas de la place du marché. Vérification faite, il s’agit du bureau de députée [des Deux-Sèvres] de Ségolène Royal.
Melle est un exemple scandaleux de favoritisme et de dépenses électoralistes qui devrait faire honte à la France entière. Mais c’est aussi un endroit charmant, où l’on aimerait bien posséder une maison. Je le répète, la France est agaçante à cet égard. Les gens du cru paraissent conscients de leurs privilèges : Mme Royal a conservé son siège aux dernières législatives avec 56 % des voix. Le fleuriste local, Jacquy Marbœuf, explique le secret électoral de “Ségo”. “Elle a toujours été un lien entre Paris et nous, elle se bat pour obtenir des subventions, fait-il remarquer. Quand nous organisons un marché de Noël ou un événement culturel, nous lui demandons de l’argent et elle accepte. Il s’agit de petites sommes, de quelques centaines d’euros, pour que les villageois soient ensemble.”
On ne peut pas rester longtemps à Ségoland sans que quelqu’un parle de fromage, et plus précisément du chabichou, un fromage de chèvre savoureux qui se languissait dans l’obscurité jusqu’à ce que Mme Royal soit devenue députée. Utilisant les compétences et les contacts acquis pendant six ans auprès de François Mitterrand, elle a obtenu la création de l’AOC Chabichou du Poitou en moins de deux ans, soit un cinquième du délai habituel. Elle a fondé et financé un rendez-vous annuel, le Festival du chabichou, puis créé un itinéraire découverte pour les touristes et les gastronomes, la Route du chabichou. Enfin, autres titres de gloire locaux, elle a soutenu une race bovine rare et obtenu la modification du tracé d’une autoroute, après avoir convaincu Mitterrand de visiter le Marais poitevin, que l’autoroute devait traverser.
Les campagnes en faveur des fromages et des vaches peuvent paraître futiles – Ségo ressemble parfois moins à une socialiste moderne qu’à l’épouse infatigable d’un aristocrate ou d’un colon –, mais elles sont à la base de la conception royaliste de l’action politique. Ce n’est pas qu’une affaire de dépenses (même si, pendant ses deux années au pouvoir, elle a augmenté les impôts locaux de 14,3 %) : elle prône surtout de petits projets publics à forte visibilité, qui bénéficient à des groupes d’électeurs bien ciblés. “Un euro dépensé doit être un euro utile” : tel est son slogan favori. Sa stratégie a démarré il y a deux ans, quand elle a été élue à la présidence de la Région Poitou-Charentes. Les Régions françaises n’ont pas énormément de pouvoir, mais Ségo a fait jouer au maximum les leviers dont elle disposait pour créer un “Etat nounou”, où aucun détail n’est trop petit pour échapper à son attention. L’environnement est un souci permanent pour Mme Royal, et les 1,7 million de citoyens de la Région reçoivent des subventions pour acheter des systèmes de collecte de l’eau de pluie. Les candidats doivent remplir un formulaire à adresser directement à Mme Royal, au cas où ils auraient oublié la source de ces largesses.
Ses propres adjoints se plaignent de son style glacial, autoritaire, derrière ses sourires éclatants et le glamour de ses jupes courtes. Un ancien responsable d’une section locale du Parti socialiste note qu’elle permet aux autres de l’embrasser pour la saluer, mais, dit-il, “Ségolène ne fait pas la bise”.

David RENNIE
The Spectator
Source : Courrier International
Jeunes Populaires 15 - Mathieu Pellerin
12:15 Publié dans Ségolène ROYAL...vue d'ailleurs ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Jeunes Populaires, UMP, Politique, PS, Royal, Bayrou, Sarkozy













