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24 octobre 2007
Guy MÔQUET : un « non » qui fait polémique

Lundi 22 octobre 2007 : on commémore le 56ème anniversaire de la mort de Guy MÔQUET en lisant dans tous les lycées de France sa dernière lettre adressée à ses parents. Une initiative voulue par le Président SARKOZY le jour de son investiture le 16 mai de cette année. Les enseignants sont chargés de cette mission, qu’ils enseignent l’histoire-géographie, le français, la philosophie, les langues étrangères. Certains feront cette lecture, d’autres non. Ces derniers s’insurgent : « Pourquoi faire de l’émotion d’un homme fraîchement élu Président de la République, la célébration d’un patriotisme indécent s’appuyant sur la récupération politique d’un jeune résistant communiste mort pour la France ?. Inutile d’évoquer une énième fois aux élèves les douleurs de la Seconde Guerre modiale, eux qui vivent dans un monde prospère qui leur donne tout, qui les protège de tout. Toucher à Guy MÔQUET, quelle honte, quel sacrilège ! ».
Au lycée Carnot dans le 17ème arrondissement de Paris, établissement que fréquentait le jeune garçon, des professeurs et des lycées sachant manier la faucille et le marteau s’unissent d’une même voix pour dénoncer cette instrumentalisation scandaleuse. D’autres, voyant toujours la vie en rose, décident de rendre hommage à leur façon en boycottant la lecture de cette lettre. Ils préfèrent se consacrer à l’étude de poèmes composés par des résistants ayant échappé à la culture du Chef de l’Etat ou tout simplement faire cours normalement ; ils s’opposent ainsi aux enseignants qui ont consacré une heure de leur temps à cette commémoration appliquant comme de « parfaits soldats »la circulaire du Recteur d’Académie.
Finalement, que doit-on retenir de cette journée ?
La réponse est simple : en ce 22 octobre 2007, on retiendra qu’une catégorie d’individus a manifesté son ressentiment à l’égard d’un homme élu démocratiquement Président de la République par la majorité des français. Des enseigants n’aiment pas Nicolas SARKOZY, politiquement, humainement. Ils le détestent, le méprisent, le blâment sans cesse, encore et toujours ; tous les prétextes sont bons pour montrer leur « antisarkozysme ». Nicolas SARKOZY a choisi de rendre hommage à Guy MÔQUET, eh bien ils ne le feront pas parce que c’est SARKOZY ! Il ne s’agit même pas d’un problème de fond pouvant faire l’objet d’un débat politique intéressant : ils donnent des explications incohérentes, confuses qui n’auraient jamais existé si cela avait été une initiative de feu MITTERRAND. Décidément, la haine est un fardeau bien triste à porter !
Le devoir de mémoire ne relève pas de la récupération ; il prépare l’avenir pour que plus jamais on assiste aux horreurs de la guerre. Refuser de lire cette lettre émouvante revient à assassiner une seconde fois son auteur. Cette mort honteuse a pour nom l’oubli. Car la plume de Guy MÔQUET restitue la force des derniers instants qu’ont vécu courageusement nos « pères » dont la plupart était encore des enfants : ils s’appelaient Jean-Marie ARTHUS (15 ans en 1940), Jacques BAUDRY (18 ans), Pierre BENOÎT (15 ans), Pierre GRELOT (17 ans), Lucien LEGROS (16 ans), les cinq martyrs du lycée Buffon fussillés le 8 février 1943 ; ils s’appelaient également Raymond COUNIL (21 ans), Jacques DELPORTE (17 ans), Jacques RESTGNAT (18 ans) et les 32 autres résistants massacrés à la Cascade du Bois de Boulogne le 16 août 1944. et tous ceux dont les noms resteront à jamais gravés dans les pierres de nos villes, de nos villages.
Le patriotisme n’est ni de gauche, ni de droite : il est du cœur. Il dépasse les convictions politiques. Nos pères emprisonnés, torturés, martyrisés l’avaient bien compris. Au péril de leur vie, ils nous ont légué, enfants de l’après-guerre, ce don précieux qu’est la Liberté dont nous jouissons tous aujourd’hui. Ils ne se sont guère préoccupés de leurs intérêts personnels comme le font certains individus de notre époque, ardents défenseurs de leurs privilèges. Qu’on le veuille ou non, l’avenir passe nécessairement par le sacrifice.
C’est une vérité dérangeante qui n’accorde pas la meilleure des places à l’indifférence, à l’égoïsme. On accuse le Président d’instrumentaliser la mort d’un jeune héros à des fins obscures, j’éviterai de penser que des forces de gauche instrumentalisent ce même résistant pour politiser leur haine, leur dégoût à l’égard d’un homme devenu Chef de l’Etat.
Le 8 mai commémore officiellement la victoire des Nations sur la barbarie.
Le 22 octobre rend simplement hommage à ces enfants tombés debouts, dans le respect et le souvenir qu’ils méritent.
Jeunes Populaires 15 - Rouben-Stéphane PAYEN
19:25 Publié dans National | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Jeunes Populaires, UMP, Politique, PS, Sarkozy, Panafieu, Paris
Commentaires
Merci beaucoup Rouben pour cet excellent article.
Il est évident que « le patriotisme n’est ni de gauche, ni de droite ». J’ajouterais même : ...et encore moins d’extrême droite, comme on essaye souvent de le faire croire.
Concernant la non-lecture de la lettre, je crois que tu es là aussi totalement dans le vrai. Les professeurs ont davantage montré leur refus « de principe » de suivre une recommandation venant de Nicolas SARKOZY. Les professeurs apprennent ainsi à leurs élèves à ne pas respecter la hiérarchie : bel exemple !
Quant à la prétendue « instrumentalisation », de qui se moque-t-on ? Accuserait-on Nicolas SARKOZY de faire un coup de com’ en faveur des Communistes ? C’est le monde à l’envers. Comme tu le dis très justement, du temps de MITERRAND, une telle demande aurait été acceptée avec enthousiasme par l’ensemble de la classe enseignante.
Amicalement ; Louis
Ecrit par : Louis BAPTISTE | 25 octobre 2007
En 1991, Jack Lang avait ordonné à tous les enseignants de lire "Le Dormeur du Val" de Rimbaud; nulle part on n'a vu s'élever de protestations; les professeurs ont au contraire trouvé cette initiative formidable, félicitant le clown de Mitterand pour son idée....
C'est très édifiant....
Ecrit par : Aurélien | 25 octobre 2007
Quelques phrases me dérangent dans cet article (et me poussent à réagir) :
"La réponse est simple : en ce 22 octobre 2007, on retiendra qu’une catégorie d’individus a manifesté son ressentiment à l’égard d’un homme élu démocratiquement Président de la République par la majorité des français."
"...des forces de gauche instrumentalisent ce même résistant pour politiser leur haine, leur dégoût à l’égard d’un homme devenu Chef de l’Etat."
Cela semble être un crime que de s'opposer ou de ne pas être d'accord avec NS. Ou est le problème ? Il a certes été élu démocratiquement. Mais ce "démocratiquement" implique à l'opposé que chacun a la droit de ne pas etre d'accord avec n'importe qui (aussi Président de la République soit-il) et surtout a le droit de manifester son mécontentement. Sinon, ce ne serait pas une démocratie justement...
Sur la question de lire la lettre ou non, j'avoue ne pas avoir d'opinion bien tranchée ; même si je soupçonne un peu le coup marketing de NS pour laisser une "trace" (dans 20 ans, on dira "on doit quand meme ça à NS, faut pas l'oublier ça !"). Et comme il est très facile de se couvrir sous le motif du devoir de mémoire, pas facile de savoir les réelles intentions.
Heureusement que les professeurs d'histoire (de droite ou de gauche, qu'ils lisent la lettre ou pas) n'ont pas attendu les politiques pour inviter des anciens combattants à témoigner dans les écoles.
Enfin, et ceci s'adresse à Louis, tu écris : "Les professeurs apprennent ainsi à leurs élèves à ne pas respecter la hiérarchie : bel exemple !". Une petite précision tout de même : il ne s'agit que d'une recommandation. La suivre ou pas ne signifie pas désoébir ou ne pas respecter la hiérarchie (l'Education Nationale, ce n'est pas l'armée...). Sans oublier que le Président de la République n'est pas (et n'a jamais été) le supérieur hiérarchique des professeurs (tout comme il n'est pas le supérieur hiérarchique de tous les fonctionnaires). Ceux-ci répondent en effet de leur ministère de tutelle.
Ecrit par : Pascal | 25 octobre 2007
je suis navré que certains professeurs on boycoté cette lettre si triste et si émouvante alors que des millions de gens on peris comme tout ces jeunes qui on combattu pour l'avenir de nos enfants mais de notre pays il y a eu tellement de souffrance et d'exécution gratuite que nos enfants nos petit enfants on un droit et celui de savoir tout ce que leurs ancetres on vecu durant cette guerre la perte d'un etre cher est difficile a accepter mais la cela etait dans des conditions atroces et pourkoi a vrai dire personne ne pourra jamais repondre a cette question j'ai trois enfants et je leurs est parler de cette lettre et de ce jeune qui savait qu'il aller mourrir et a ecrit une derniere lettre d'adieux a ses parents et il ont compris le plus bel hommage que l'on peut leur rendre ces de la lire de l'expliqué et d'essayer de se mettre a leurs place au dernier moment de leurs vie
Ecrit par : krinel | 26 octobre 2007
Je ne suis ni enseignant, ni lycéen et j'ignore ce qu'il fallait faire ou ce que j'aurais fait. Je suis toutefois méfiant sur cette tyrannie de la mémoire. Je crois qu'il ne faut pas confondre mémoire et histoire. Hélàs, la mémoire tend à l'emporter sur l'histoire et plutôt que de devoir de mémoire, on devrait évoquer un devoir d'histoire. Or cette lecture ne prendrait son sens que dans le cadre d'une explication historique riche car plus que toute autre période.
Quant à Louis qui évoque le respect de la hiérarchie, les enseignants du temps de Guy Môquet ont souvent - dieu merci- pris leur distance avec ce principe. Lire cette lettre comme une seule source d'émotion n'a guère de sens.
Ecrit par : Benoît | 29 octobre 2007
Totalement d’accord avec toi, Benoît : la simple lecture de la lettre pour faire « de l’émotion » n’a pas de sens. C’est pourquoi Nicolas SARKOZY avait demandé que cette journée soit dédiée à la résistance, pour que les enfants comprennent bien le cadre historique (tu évoquais l’histoire) de cette lettre.
Ecrit par : Louis BAPTISTE | 30 octobre 2007
Avant de critiquer la polémique, il faudrait revenir sur les FAITS HISTORIQUES:
VOici un petit extrait du monde pour recaler le sujet!
" Faire de Guy Môquet et de ses vingt-six camarades des "résistants de la première heure" relève de la téléologie, puisque la plupart d'entre eux ont été arrêtés en un temps où le PCF, pris dans la logique du pacte germano-soviétique, était tout sauf résistant. Après avoir mis au rayon des accessoires son antifascisme, condamné une guerre devenue "impérialiste" et appelé plus ou moins ouvertement au sabotage de l'effort de guerre au printemps 1940, le Parti a profité de l'effondrement militaire de la France et de la chute de la République bourgeoise pour prendre à l'été 1940 une série d'initiatives qu'aucun martyre ultérieur ne saurait effacer : tractations avec les autorités d'occupation pour la reparution de la presse communiste dont les arguments désormais connus donnent une idée du "patriotisme" du Parti.
Guy Môquet, arrêté le dimanche 13 octobre 1940 à la gare de l'Est par trois policiers de la préfecture de police, agissant "sur indication", revendique dans sa déposition avoir voulu remplacer son père, le député communiste Prosper Môquet, militant depuis 1925, élu lors des élections de 1936, invalidé et condamné par la IIIe République pour son refus de désavouer le pacte germano-soviétique.
Jeune lycéen exalté, il a dès son plus jeune âge baigné dans une culture politique bolchevique, porteur de la tradition familiale stalinienne, par ses parents, par ses oncles et tantes qui travaillent pour l'appareil clandestin du Parti. Les tracts qu'il distribue en cet été-automne 1940 s'inscrivent totalement dans la ligne du Parti et n'appellent donc pas à la résistance.
Prisonnier de la logique d'un parti enfermé dans les compromissions de l'alliance Staline-Hitler, Guy Môquet n'a pas pu être le "résistant" qu'on célèbre à tort. Ses camarades des Jeunesses communistes ont en revanche constitué, à l'été 1941, après l'offensive de la Wehrmacht contre l'Union soviétique, le fer de lance de la lutte armée initiée dans la plus totale improvisation par le Parti."
http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41- href="mailto:0@2">0@2-3224,49-969567@51-968 509,0.html
Ecrit par : Jez | 08 novembre 2007
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